TANT QU’ON A LA BANANE !

L’affaire a fait la Une des médias du monde entier. La banane scotchée sur un mur signée par l’artiste italien Maurizio Cattelan sur le stand de la galerie française Perrotin à la foire international Art Basel à Miami s’est vendue 120.000 dollars. Peu importe que l’œuvre, intitulée Comedian, soit périssable, puisqu’il s’agit d’un «concept» et qu’il suffit de remplacer le fruit pour la renouveler! Les réactions sont multiples. Certains pointent la dérive d’un marché de l’art contemporain totalement déconnecté de toute réalité. D’autres évoquent les mânes de Marcel Duchamp et de René Magritte, affirmant «Ceci n’est pas une banane». Bon nombre, enfin, célèbrent le coup de com’ d’un spécialiste du genre, à qui l’on doit des toilettes en or massif (estimées à plus de 5 millions de dollars et volées en septembre dernier) ou Him, une statue de Hitler agenouillé d’une valeur de 15 millions de dollars!

Ce qui est certain, c’est que les artistes cherchent tous à provoquer, au double sens de pousser à réagir et à réfléchir, mais aussi d’exciter le désir. Les Impressionnistes, Dalí, Cézanne… ont tous en leur temps mérité le qualificatif de «provocateurs», avant d’atteindre la reconnaissance. Bertolt Brecht affirmait que «La provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds». Quelle est la réalité qui se cache derrière la banane de Cattelan ? À chacun de se faire son opinion.