L’Antiquité est un formidable terrain d’exploration et surtout de projection pour les artistes de la fin du XVIIIème siècle où chaque héroïne athénienne ou romaine incarne une certaine vision de la femme française. Dès les premières heures de la Révolution française, cette source d’inspiration prend une envergure différente puisqu’elle épouse les aspirations des partisans de la liberté féminine. Tandis que la femme romaine mise en scène par les écrivains et les peintres, Cornélie mère des Gracques en tête, incarne la dévotion envers sa patrie et sa famille, l’Athénienne, délivrée des entraves sociales, ignorant le poids des préjugés, symbolise la recherche du savoir et de l’indépendance. L’exposition présentée au musée Fragonard est une première, tant en raison de l’accès aux oeuvres, la plupart conservées en mains privées, que de l’interprétation défendue. C’est aussi l’occasion de découvrir les peintres du «genre gracieux» – Lagrenée, Regnault, Landon, Mallet ou Prud’hon – souvent regardés avec dédain par la critique de l’époque révolutionnaire et fort peu étudiés depuis. En alliant la noblesse de l’antique et la grâce de Léonard, ce style illustre pourtant le préromantisme français, et ouvre toute une page de l’histoire de l’art du XIXème siècle.

Musée Fragonard
Hôtel de Villeneuve
14 rue Jean Ossola 06130 Grasse
Tous les jours de 10h à 18h
Entrée libre
www.museedegrasse.com