Depuis plus de 25 ans, la galerie de Nathalie Obadia s’est imposée sur la scène française et internationale. Rencontre avec une professionnelle convaincue du rôle majeur de Paris sur le marché de l’art.
Par Christian Charreyre

 

Comment définissez-vous le rôle d’un galeriste aujourd’hui ?

En un mot : passeur. Nous sommes des passeurs entre les créateurs et toutes les personnes qui sont influentes et qu’il faut influencer, que ce soit les collectionneurs, mais aussi les directeurs de musées, les critiques d’art… La carrière d’un artiste se fait par la reconnaissance des critiques, des institutions et du commerce.

Quelle est la spécificité de votre galerie ?

C’est d’exposer des artistes auxquels je crois, en restant imperméable au fait de montrer des artistes simplement parce qu’ils sont à la mode ou recherchés à un moment. Tous les artistes qui sont entrés dans ma galerie, j’y crois !

 

Comment choisissez-vous les artistes avec lesquels vous travaillez ?

C’est d’abord un choix personnel. Mais au-delà d’une première visite dans l’atelier, il faut voir si on peut se transporter dans le futur, s’imaginer faire un bout de chemin ensemble. Aujourd’hui, un artiste doit répondre aux exigences de notre monde, et c’est compliqué. Il faut à la fois chercher, créer dans l’atelier, mais aussi être visible et communiquer.

Est-ce quelque chose de nouveau ?

Vous savez, quand on regarde bien, quelle que soit l’époque, cela a toujours existé. Rubens, par exemple, savait très bien faire parler de lui, se montrer auprès des papes, des monarques…

Les artistes sont-ils des fidèles ?

Ils sont fidèles si nous nous occupons bien d’eux et si le travail de la galerie répond à leurs exigences.
Chaque année, nous faisons un bilan sur la reconnaissance dans les musées, la présence dans les expositions internationales, le nombre et la qualité des collectionneurs. S’ils sont ravis, ils restent. Parfois, il y a des départs, soit parce que l’on ne s’entend pas, soit parce que leurs nouvelles créations ne correspondent pas à ce que j’attends. J’ai du mal à exposer si la série ne me plaît pas ; je préfère dire à l’artiste « pas tout de suite »…

Vous êtes présente à Bruxelles. Pourquoi ce choix ?

Je connaissais bien la Belgique et je me suis rendue compte que les collectionneurs belges se tournaient davantage vers l’Angleterre, l’Amérique et l’Allemagne. C’était une manière d’aller à leur rencontre et, depuis 10 ans, nous avons fidélisé un grand nombre de collectionneurs belges avec des artistes français ou d’autres pays, qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils n’auraient pas achetés si nous n’avions pas été là.

Être international aujourd’hui, est-ce indispensable ?

Oui, ne serait-ce qu’en participant à des foires. Nous en faisons entre 10 et 12 chaque année, c’est fondamental. Mais il ne faut pas oublier que Paris est international. Contrairement à ce que l’on peut entendre, le maillage des galeries dans l’Hexagone est d’excellente qualité. De la plus puissante à la plus expérimentale, toutes nos galeries sont visitées par des collectionneurs et des institutionnels du monde entier.

 

Que peut-on vous souhaiter pour les 10 prochaines années ?

De faire toujours mieux, bien sûr ! Et d’attirer des artistes que j’ai à l’esprit et qui viendront chez nous parce que la réputation de la galerie est de faire pour eux un excellent travail à l’international.

 

 

Les adresses Galerie Nathalie Obadia

3 rue du Cloître
Saint-Merri 75004 Paris
Du lundi au samedi, de 11h à 19h

18 rue du Bourg-Tibourg 75004 Paris
Du mardi au samedi, de 11h à 19h

8 rue Charles Decoster 1050
Ixelles-Brussels, Belgique
Du lundi au samedi, de 10h à 18h