Sous une simplicité apparente, les oeuvres de Francine Van Hove, dans la pure tradition de l’art figuratif, émerveillent tant le fini visuel de ses modèles féminins est extraordinaire.
Par Gabrielle Gauthier

Dès les années 1970, Francine Van Hove s’est engagée dans une peinture figurative essentiellement féminine. « Mes thèmes sont limités en nombre et n’ont rien d’intellectuel. Pour l’essentiel, il s’agit de moments de bonheur simples et un peu nostalgiques où le temps semble suspendre son vol ».

À rebours des modes et des théories d’avant-garde, elle n’a cessé de privilégier une peinture d’atelier, d’une virtuosité proche des maîtres anciens, en travaillant avec des modèles vivants, uniquement de jeunes femmes mises en scène dans des compositions intimistes. « Je ne dessine et ne peins que sur le motif, c’est-à-dire avec des modèles vivants en ce qui concerne les personnages et in situ en ce qui concerne les décors, intérieurs d’appartements ou paysages, et je ne conçois pas d’autre méthode, toute contraignante qu’elle soit », indique l’artiste.

 

À la base, le dessin !

On ne peut que louer la capacité de l’artiste à capturer le mouvement. D’ailleurs, Francine Van Hove commence toujours par dessiner le ou les personnages, c’est-à-dire des attitudes. « J’attache une importance fondamentale aux gestes et aux mouvements du corps. La plupart de mes tableaux reposent uniquement sur cela : l’intérêt esthétique d’un geste de tous les jours ou d’une attitude aux résonances antiques », explique-t-elle, reconnaissant volontiers être influencée par la statuaire grecque, la Renaissance Italienne et la peinture flamande. Nécessitant de longues heures de travail, ses portraits de femmes, offrent une précision exceptionnelle, comme en témoignent notamment les tons transparents de la peau que l’artiste maîtrise particulièrement.

Une virtuosité proche des maîtres anciens

Au fil des oeuvres se dessine ainsi un travail soigné, à la fois apaisant et mélancolique, délicat et insondable, fondé sur le modelé des corps, où la précision des jeux de lumière, le rendu de la matière et la richesse des détails témoignent d’une complexité qui n’a d’égal que l’esthétisme de ces scènes de vie. Hors des contraintes extérieures, les jeunes femmes que l’artiste nous donne à voir conservent une part de mystère. Totalement inconscientes de leur beauté, toutes sont comme plongées dans une certaine rêverie, imposant au spectateur une parenthèse salutaire loin de l’agitation du monde. Des compositions intimistes qui invitent à une retraite délibérément choisie.