Depuis sa réouverture il y a presque trois ans, le Musée d’arts de Nantes offre un large panorama de la création de l’art ancien à l’art contemporain dans trois bâtiments qui sont, par leur architecture, le reflet de leurs époques respectives.
Par Alexandra Fournier

Réouvert en juin 2017 après six ans de travaux, le Musée d’arts de Nantes, désormais plus grand musée d’arts de l’ouest de la France avec 30% de surfaces d’exposition supplémentaires, rayonne d’abord par son architecture avec trois bâtiments. Le Palais, majestueux édifice qui respecte les principes des musées du XIXe siècle avec un édifice organisé autour d’une cour centrale et le Patio, couvert d’une verrière à l’éclairage zénithal, ce dernier donnant accès à un double circuit de galeries qui l’entourent au rez-de-chaussée et au premier étage via un escalier monumental. La Chapelle, située place de l’Oratoire et construite au XVIIe siècle, accueille des expositions temporaires. Le Cube enfin, inauguré en 2017, est le trait d’union entre passé et présent. Entièrement dédié à l’art contemporain, il présente une large part des collections du musée sur plus de 2.000 m² répartis sur 4 niveaux reliés au Palais par une passerelle suspendue.

De l’art ancien à l’art contemporain

Le parcours muséal et architectural est donc parfaitement cohérent et au service de l’art. Il invite à une agréable déambulation à travers les riches collections du musée, au cœur d’une remarquable variété d’espaces architecturaux pour une visite dans l’histoire de l’art, du XIIIe au XXIe siècle. En effet, depuis sa création en 1801, le musée n’a cessé d’enrichir ses collections en acquérant notamment des œuvres d’artistes vivants, comme Delacroix, Ingres ou Courbet. Après 1900, les collections ont continué de s’étoffer, accueillant de nombreux chefs-d’œuvre de Monet, Le Pérugin, Watteau, Soulages, Viola…, soit plus de 900 au total. Ainsi, en art ancien, on peut y voir Le Songe de Joseph de Georges de La Tour ou encore Diane chasseresse d’Orazio Gentileschi ; pour l’art du XIXe siècle, l’extraordinaire Portrait de Madame de Senonnes de Ingres ou Les Cribleuses de blé de Courbet ; en art moderne, le Nu jaune de Sonia Delaunay et Trame noire de Kandinsky ; en art contemporain, La Belle Mauve de Martial Raysse mais aussi Flea Market Lady de Duane Hanson.

L’art du XXe siècle avec « Archipel »

Avec l’exposition « Archipel », le Musée d’arts de Nantes poursuit le dialogue entamé en 2014 avec Jean-Jacques Lebel et les œuvres de son fonds de dotation. Tel un archipel, cette exposition propose des groupements d’œuvres d’artistes, de courants, de médiums, de techniques, de provenances et statuts variés, formant un tout cohérent. Ce reflet de l’incroyable Fonds de dotation Jean-Jacques Lebel aborde ainsi plusieurs volets de l’histoire de l’art du XXe siècle. De Marcel Duchamp à Pablo Picasso ou Francis Picabia en passant par Paul Éluard, Max Ernst ou André Breton, l’exposition présente une sélection de plus de 200 œuvres d’époques et provenances différentes. Leur mise en dialogue permet d’en dégager les grandes thématiques (la folie, l’érotisme, les révolutions…) et de rendre hommage aux artistes connus, méconnus, oubliés ou anonymes du monde moderne et contemporain, chers à Jean-Jacques Lebel (Antonin Artaud, Carolee Schneemann, Isabelle Waldberg…). Présentée dans le Patio du musée, l’exposition s’articule de manière à restituer la polysémie propre au fonds de dotation Jean-Jacques Lebel.

Elle s’organise autour d’un geste spatial au cœur du Patio, répondant à son volume et à son architecture : une structure échafaudée proposant une vision en construction, en devenir, soutient et confronte des œuvres de différentes époques et différents continents. En écho, les galeries latérales et une salle du premier étage proposent, à travers un ensemble d’espaces resserrés, des moments de rencontre plus intimes.

 

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