Tantôt adoré, tantôt détesté, le plasticien américain ne cesse de faire parler de lui. Son œuvre est « un embellissement de la vie et du genre humain », affirmet-il. Est-ce la raison pour laquelle il expose au quatre coins du globe ?
Par Joséphine Duncan

Considéré comme « le dernier des Pop » par Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, Jeff Koons, l’un des artistes les plus connus mais aussi les plus controversés, a émergé dans les années 1980. À l’aube de sa carrière, Koons possède déjà le sujet qui le guidera à travers toutes ses œuvres : l’utilisation d’objets usuels comme œuvres d’art. Il explore ainsi la signification de l’art et du spectacle à une époque saturée de médias, tout en accentuant dans son esthétique la culture de consommation. Koons est un cas unique dans l’art, car ses œuvres sont convoitées par les collectionneurs fortunés et attirent dans les musées. Dans l’histoire de l’art, cette convergence est quasiment unique, d’autant qu’elle est planétaire. Ainsi, l’artiste le plus coté sur le marché de l’art est-il en même temps le plus populaire.

De Duchamp à Warhol

Ses influences ? Outre Salvador Dalí qu’il a d’ailleurs rencontré, Koons illustre la rencontre entre l’art conceptuel de Marcel Duchamp et la force de l’imagerie populaire et médiatique d’Andy Warhol. D’un côté, le ready-made inventé par Marcel Duchamp qui faisait d’un urinoir une œuvre d’art sur le principe qu’un objet exposé comme une œuvre en devenait une. De l’autre, le pop-art, ce mouvement théorisé par Andy Warhol avec l’utilisation de la production en série, le principe de la publicité, le remplacement des figures religieuses par les stars de la culture populaire. Voilà comment Jeff Koons s’est imposé. Ainsi, depuis 35 ans, il explore de nouvelles approches du « readymade » et de l’appropriation, jouant de la lisière entre culture des élites et culture de masse, poussant les limites de la fabrication industrielle et changeant le rapport des artistes au culte de la célébrité comme aux règles du marché.

Valeur absolue

L’art, selon Jeff Koons, ne doit pas servir à transmettre un message ou dénoncer des injustices mais servir à libérer, à avancer. Ainsi, présentant plus de trois décennies d’œuvres de Jeff Koons, l’exposition « Absolute Value », une référence aux sommes payées pour acquérir ses œuvres, met en lumière la carrière de Koons, des années 1980 à aujourd’hui. Sous la direction de Doron Rabina, conservateur en chef du Musée d’art de Tel-Aviv, l’exposition offre un aperçu de la diversité des supports et des techniques de Koons, à travers le regard des collectionneurs Marie et Jose Mugrabi. En 2013, Mugrabi a établi un record pour l’œuvre la plus chère d’un artiste vivant, lorsqu’il a payé 58,4 millions de dollars pour Balloon Dog (Orange) lors d’une vente aux enchères chez Christie’s.

 

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