Né en 1934, proche de Paul Rebeyrolle et Bernard Lorjou, membre du mouvement de la Jeune Peinture, Gérard Tisserand propose un art figuratif et expressif qui porte un regard témoin et critique sur son temps, marqué par son engagement militant, affirmant : « Je suis témoin de ma propre histoire. Je peux me moquer des gens : j’en fais partie ». Peintre libre, il ne cherche ni le succès, ni la reconnaissance et se tient toujours loin des circuits du marché de l’art, ne vendant qu’occasionnellement ses œuvres, même s’il reconnaît en riant : « Je n’ai jamais vraiment eu d’expositions prestigieuses.

Pourtant, j’aime bien les honneurs. J’aurais aimé être adulé et m’offrir le luxe de refuser les honneurs ! Ça m’aurait bien plu d’être Johnny Halliday ou Brigitte Bardot ! » . Sa peinture, imprégnée du quotidien, des injustices et du pouvoir, fait aussi souvent référence aux grands maîtres de l’art comme Gustave Courbet ou Eugène Delacroix. Le traitement réaliste de ses scènes, qui garantit une efficacité de lecture pour tous, semble empreint de l’image cinématographique et de la bande dessinée. Ses compositions efficaces à la palette explosive captent le regard et semblent détourner les codes de l’image publicitaire qui sature le quotidien, et donner une réponse au Pop Art qui apparaît pour l’artiste peu critique et pas suffisamment engagé dans les luttes de l’époque.

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